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Renforcer ses fonds propres : les financements alternatifs

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28
Sep
2015

Le recours à un prêt bancaire reste une source essentielle de financement des PME mais face aux restrictions des conditions d’octroi, les entrepreneurs cherchent à diversifier leurs modes de financement.

Trouver du financement pour son entreprise est sans aucun doute l’une des tâches les plus importantes et complexes dévolues aux entrepreneurs. Il est impossible de diriger et développer une société sans disposer de fonds suffisants, et si aujourd’hui le recours au prêt bancaire reste une source essentielle de financement des PME/TPE, ces dernières peinent à obtenir des capitaux bancaires.

Renforcer les fonds propres

« Les nouvelles règles prudentielles Bâle III* amènent les établissements bancaires à devenir plus sélectifs dans l’octroi de crédit, explique Françoise Montiège, responsable Services et industrie à la CCI Rennes.

75% des dirigeants de PME déclarent ainsi avoir subi au moins une mesure de durcissement des conditions de financement par leurs banques en mars 2015 contre 69% en janvier, selon le dernier baromètre IFOP sur le financement et l’accès au crédit des PME. De plus, les marges des entreprises se sont particulièrement dégradées, limitant ainsi leur capacité d’autofinancement et rendant l’accès au financement bancaire plus difficile. Les établissements de crédit s’appuient en effet sur des ratios de rentabilité et le flux de trésorerie pour leur décision d’octroi de crédit. »

Depuis la crise, les banques se font donc plus prudentes pour accorder des prêts et demandent un apport en fonds propres plus important. Les renforcer devient donc crucial. Et au-delà des prêts bancaires, bon nombre de solutions existent pour améliorer son haut de bilan.

Des investisseurs externes

« La première source de financement naturelle est d’utiliser son apport personnel en mobilisant son épargne et celle de ses proches, également appelée Love Money », poursuit Françoise Montiège.

Les concours d’entrepreneuriat sont également un excellent moyen pour obtenir des fonds, ainsi que l’introduction en Bourse. Décrocher des subventions (crédit impôt recherche, crédit innovation…) ou des prêts d’honneur est aussi une piste à ne pas négliger.

Ouvrir son capital en est une autre. Et lorsque l’on parle de financer un projet en faisant entrer des tiers dans sa société, on pense souvent aux Business Angels. Mais qui sont-ils? Ce sont généralement des anciens chefs d’entreprise qui ont des moyens conséquents et qui investissent dans un projet auquel ils croient. Les Business Angels, comme Logoden Participations ou Breizh Angels, ne font pas qu’investir. Ils apportent leurs connaissances, leur réseau et conseillent l’entrepreneur.

Le capital-risque

Autre moyen pour lever des fonds: le capital-risque. « Là où les Business Angels investissent en moyenne de 5000 euros à 150 000 euros par dossier, les sociétés de capital-risque peuvent investir de 150 000 euros à plusieurs millions, voire plusieurs dizaines de millions d’euros par dossier, seul ou à plusieurs intervenants », signale Jean-Marc Tariant, fondateur et dirigeant du cabinet Finance & Stratégie, spécialisé dans le financement et la  reprise-cession d’entreprises.

« Les capitaux-risqueurs interviennent aux différentes phases de la vie d’une entreprise, à savoir la création, pour celles ayant moins de trois ans d’ancienneté, le développement en France ou à l’étranger pour une société de plus de 3 ans, la reprise-transmission par des personnes physiques, en croissance externe ou le reclassement de titres en interne.., et le retournement pour les entreprises en difficulté, en restructuration ou redressement », précise l’expert.

Si l’entrepreneur garde son pouvoir sur son entreprise (les investisseurs en capital-risque ayant généralement une participation minoritaire au capital), « la sélection des projets est très dure car les investisseurs ont des exigences importante. Et la levée de fonds peut prendre beaucoup de temps et reste complexe ».

Le crowdfunding comme une alternative

Enfin, le crowdfunding (financement participatif) est une alternative au financement bancaire classique.

Le principe?  Présenter son projet sur Internet pour convaincre les particuliers, comme les investisseurs rodés, de faire des dons en sa faveur. « Les fonds apportés peuvent être alloués sous trois formes différentes :

  • le don avec ou sans contrepartie,
  • le prêt avec ou sans intérêt,
  • ou encore l’equity ou l’investissement au capital des entreprises », précise Françoise Montiège.

Les premières plateformes communautaires sont apparues en 2007 et finançaient alors des projets artistiques et associatifs. Aujourd’hui, le crowdfunding se généralise à l’entrepreneuriat.

La CCI Rennes, soucieuse d’accompagner les PME dans l’ingénierie financière de leurs projets, a donc choisi de mettre à leur disposition l’accès à une plateforme de financement participatif, « Kiosk to lnvest », véritable accélérateur pour la levée de fonds en capital. De nouvelles sources d’argent émergent pour financer ses projets d’entreprise. Cependant, il faudra compter sur un changement culturel en France car accueillir des partenaires financiers à son capital n’est pas encore dans les pratiques.

* mises en place suite à la crise financière mondiale, pour stabiliser le système financier européen, en accroissant drastiquement les exigences de solvabilité des banques.

Article extrait du magazine Bretagne Economique, numéro 7 – 3ème trimestre 2015

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